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Les industriels de la chimie en Iran

03/11/2015 - Politique commerciale

Dans le cadre de ses missions de soutien au développement international de ses adhérents, l’UIC, en partenariat avec DAJ Consulting, a accompagné une délégation d’une quinzaine de chefs d’entreprises de la chimie en Iran du 25 au 27 octobre 2015.

  Gilles Zuberbuhler (Président de l’UIC Picardie Champagne-Ardenne 
et de Weylchem Lamotte) et Jean Pelin (DG de l’UIC)

Dans un contexte de levée progressive des sanctions économiques prévue courant 2016, cette mission qui a permis de faire connaître l’offre française et d’appréhender la demande du marché iranien s’est articulée autour de deux axes :

1. Des rencontres institutionnelles avec la Chambre franco-iranienne de commerce et d’industrie (CFICI), la Chambre de Commerce, des Industries, des Mines et de l’Agriculture d’Iran (ICCIMA), Ministère de l’Industrie iranien, la Parsian Bank ainsi que l’ambassadeur de France en Iran et ses collaborateurs.

De gauche à droite : J. Pelin (DG de l’UIC), Dr Farazi (vice-président de la ICCIMA)
et M. Azari (DG de la CFCI)
Bruno Foucher (ambassadeur de France en Iran) et Jean Pelin (DG de l’UIC)

2. Des rencontres individuelles entre industriels français, associations professionnelles et industriels iraniens dans le domaine de la chimie et de la pétrochimie.

Les enseignements de ce déplacement ont été riches :

  • L’Iran est un vaste territoire (3x la France). Avec 80 millions d’habitants, plus de 4 millions d’étudiants en université (dont 60 % de jeunes filles), et des écoles d’ingénieurs de haut niveau. C’est un pays de savoir propice au développement d’une industrie de haut niveau. Par ailleurs, la population iranienne aspire à plus consommer mais aussi à mieux consommer. Les produits français sont perçus comme des produits de qualité, contrairement aux produits chinois ou russes qui les ont remplacés en période de sanctions. Les iraniens sont très sensibles à l’origine du produit.
     
  • Les ressources en matières premières sont très importantes : 4ème réserve mondiale de pétrole et 2ème réserve de gaz. L’Iran possède aussi des richesses minérales qui favorisent des implantations industrielles.
     
  • Le point faible reste le financement des investissements et les transferts bancaires. Un retour des banques françaises en Iran est nécessaire pour faciliter les échanges. Le paiement par virement SWIFT se développe. De la même façon, l’appréciation du risque par des assureurs export type COFACE doit être revue à la baisse.
     
  • La règle principale : bien choisir son partenaire localement. Le droit iranien est proche du droit français concernant les statuts des entreprises. Mais il est difficile de créer son propre réseau de distribution ou d’importation. Il est préférable dans un premier temps de passer par des marchés proches comme la Turquie ou Dubaï par exemple. Il est possible de créer des joint-ventures mais aussi des filiales.
     
  • Les besoins de l’industrie chimique iranienne : produits de chimie fine (catalyse), lubrifiants et additifs, engrais minéraux phosphatés, vinyle (pour la production de papier peint), la production et la distribution de pesticides.
     
  • L’Iran est aussi très intéressé par le transfert de technologies. De nombreux projets industriels refont surface. La technologie européenne est synonyme de réduction des coûts, baisse de la consommation d’énergie et prise en compte de l’impact environnemental.
     
  • Produire propre est une notion de plus en plus présente en Iran. Le savoir-faire français en matière de gestion des déchets industriels, de recyclage ou d’économie circulaire est donc un atout pour notre secteur.
     
  • Pour les grands projets,  il est incontournable de passer par le Ministère de l’Industrie après celui de la planification, voire de l’aménagement du territoire pour bénéficier d’avantages fiscaux.

En 2014, l’Iran n’était que le 50ème pays client de la chimie en  France avec plus de 97 millions d’€ d’exportations, mais ces exportations ont augmenté de près de 33 % entre 2013 et 2014, signe du potentiel de ce marché, malgré un contexte international difficile. 2016 devrait être une année décisive et la chimie en France a un rôle important à jouer compte tenu de son savoir-faire et de la qualité de ses produits

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