Position Paper

ENVOYE SPECIAL du 7 avril 2016, réaction de l'UIC

08/04/2016 - Santé, sécurité, environnement

Perturbateurs endocriniens : nos vies empoisonnées

L’émission « Envoyé spécial » diffusée jeudi 7 avril sur France 2 à une heure de grande écoute a vivement interpellé l’UIC et les acteurs de la chimie en France.

En effet, elle a délibérément pris un parti pris anxiogène, les « enquêtes » sur lesquelles elle s’appuie ne sont pas validées d’un point de vue scientifique et les témoins présents connus pour leur militantisme partisan et leurs positions anti-industrie.

A aucun moment il n’a été fait référence au fait que les réglementations françaises et européennes, pourtant les plus strictes au monde, encadraient très sévèrement la mise sur le marché et l’utilisation des substances incriminées.

En effet, une chaine de service public devrait encourager un débat public démocratique sur des bases scientifiques pour que naissent les décisions politiques pertinentes. Dès lors qu’il échappe à ces pré-requis essentiels et est confisqué au seul profit de quelques-uns -l’UIC avait demandé à prendre la parole- le débat n’a plus rien de démocratique.

Comme beaucoup d’autres produits, les produits chimiques ne sont pas anodins. Ils sont soumis à une réglementation très stricte en France et en Europe où ils sont particulièrement encadrés et surveillés.

  • Pour obtenir une autorisation de mise sur le marché d’un pesticide, l’homologation impose de réaliser pendant près de 10 ans des dizaines d’études qui couvrent en particulier tous les effets sur la santé et l’environnement. Ce sont les autorités sanitaires européennes et françaises qui décident si un produit peut être autorisé sur le marché.
  • Un produit biocide fait l’objet d’une approbation de la substance au niveau européen et d’une autorisation des produits formulés dans les différents pays

Rappelons que tous les produits chimiques sont soumis à des réglementations exigeantes (CLP, REACH et l’ensemble des réglementations sectorielles : phytos, biocides, cosmétiques, dispositifs médicaux, contact alimentaire…).

Dans le cas particulier des perturbateurs endocriniens, les différents scientifiques travaillant sur ces sujets ne sont pas tous d’accord entre eux et les parties prenantes (OMS, Commission européenne, agences sanitaires, experts industriels, ONG,…) ne sont pas encore arrivées à un consensus pour la définition des Perturbateurs Endocriniens, tant le sujet est complexe et multi paramètres. Il faut en effet faire la distinction entre des substances ayant une activité endocrine sans que celle-ci mène à des effets sanitaires et des perturbateurs endocriniens avérés. Rappelons qu’il existe différents types de substances susceptibles de provoquer une perturbation endocrinienne : les substances naturelles présentes dans certaines plantes (germes de luzerne, soja, café,…) et des substances créées par l’homme qui comprennent les hormones de synthèse (pilules contraceptives) et certains produits chimiques.

Envoyé Spécial a présenté hier soir 3 substances – Benzophénone, Résorcinol, Triphénylphosphate - comme étant des perturbateurs endocriniens, alors qu’à ce jour ces substances sont en cours d’évaluation dans le cadre du règlement REACH.

La Commission européenne travaille actuellement sur la définition de critères scientifiquement objectifs et proportionnés qui permettront l’identification des Perturbateurs Endocriniens. Une définition européenne des perturbateurs endocriniens devrait être disponible en 2016 et nous nous en félicitons.

Les industriels de la chimie s’inscrivent dans une démarche d’amélioration continue en particulier quant à l’amélioration du profil de leurs produits. Ils soutiennent les initiatives visant à améliorer la compréhension des mécanismes d’action des perturbateurs endocriniens : Programme Long Range Research Intiative (LRI), partenariats publics-privés notamment pour étudier la faisabilité d’une plateforme de prévalidation des méthodes de caractérisation des perturbateurs endocriniens, …

Soucieux des préoccupations de nos concitoyens quant aux produits chimiques, nous souhaitons qu’un réel débat puisse s’ouvrir en France pour concilier santé publique, utilité des produits, protection des consommateurs au regard des produits français, européens et importés.

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