Les « histoires de développement durable » des adhérents de l’UIC illustrent l’engagement des industriels de la chimie signataires du Responsible Care®, une démarche volontaire de progrès en matière de protection de l’environnement et de la santé.
Dow : recyclage sur place de béton de démolition pour la remédiation d’une décharge interne
Le site de Dow à Lauterbourg (67) fabrique des additifs pour plastiques, peintures et revêtements. Il a mis en œuvre une opération de remédiation-démolition concertée et réfléchie. L’entreprise a utilisé le béton de démolition d’un atelier, aux propriétés alcalines, pour stabiliser les déchets entreposés dans une décharge interne. L’opération a permis de réduire le transfert de déchets vers l’extérieur du site et de réaliser une économie globale d’environ 400 000 €. Ajoutons à cela que la stabilisation par le béton a conduit à une amélioration de l’écoulement des eaux de lixiviation vers la nappe.
EKA Chimie : démarche de prévention des risques psychosociaux
Le site EKA Chimie à Ambès (33) produit du chlorate de soude et plusieurs adjuvants pour l’industrie papetière. Il a mis en œuvre un système de prévention des risques psychosociaux dénommé Ekamorphose. À partir d’un engagement réel de la direction, l’entreprise a enclenché un processus sur le long terme. La formation du personnel, le diagnostic issu des questionnaires adressés aux salariés et la réflexion au sein de l’entreprise ont permis d’identifier 23 facteurs de stress affectant la majorité du personnel et pour lesquels des plans d’actions spécifiques ont été mis en place. Les facteurs de stress et les plans d’actions associés sont suivis par des groupes de travail ad hoc et font l’objet d’une communication interne régulière.
Axens : le théâtre, une démarche innovante pour la promotion de la sécurité
Le site Axens à Salindres (30) fabrique des catalyseurs et adsorbants pour le raffinage, la pétrochimie et le traitement du gaz. Il a été récompensé pour sa démarche originale de management de la sécurité, basée sur le théâtre. La direction du site voulait en effet renouveler ses méthodes de sensibilisation à la sécurité (formations, affichage, discussions autour de la sécurité, audits, challenges, etc.). Pour l’accompagner dans cette démarche, l’entreprise a fait appel à une compagnie de théâtre alésienne et à un auteur qui a écrit, en collaboration avec deux salariés, une pièce originale : « Pince-moi si je rêve ». Jouée à 24 reprises devant des groupes de salariés (290 au total), la pièce aborde avec humour, provocation et émotion, la nécessité du respect des consignes de sécurité, les comportements à risques, les attitudes à adopter pour minimiser les risques, etc. La représentation est toujours suivie d’un débat, animé par le metteur en scène, au cours duquel chacun laisse libre cours à son interprétation des scènes, témoigne de son expérience, de ses difficultés et propose des solutions. Les échanges font l’objet de comptes rendus riches d’enseignements. C’est d’ailleurs sur la base des conclusions de ces échanges qu’est née l’idée d’une nouvelle formation sur la sécurité, pour tous les salariés d’Axens.
Armor : mise en œuvre d’une démarche globale de RSE : « Decaplan »
Le site Armor Groupe de La Chevrolière (44) conçoit et fabrique des consommables d’impression Transfert Thermique, la technologie la plus utilisée dans le monde pour le marquage de codes à barres, logos, dates de péremption ou autres numéros de lots sur des étiquettes ou des emballages souples. Il a été récompensé pour sa démarche globale en matière de Responsabilité Sociétale de l’Entreprise (RSE). Cette stratégie se concrétise sous la forme d’un plan nommé « DECAPLAN », qui se décline en 10 thématiques :
Développement humain : favoriser le développement des ressources humaines et renforcer notre engagement dans les domaines de la diversité
Santé et Sécurité : étendre la politique santé au travail aux enjeux suivants : maintien à l'emploi, prévention des risques psychosociaux et soutien dans le cadre du travail posté
Vie sociale : faire d’Armor un espace de développement personnel et collectif en lui donnant une dimension sociale, pédagogique, sportive et culturelle
Intégration territoriale : promouvoir l’entreprise auprès des acteurs locaux et contribuer au développement durable du territoire
Transport des salariés : faciliter le transport des salariés dans des conditions de sécurité optimisées et avec un impact minimum sur l’environnement (exemple : organisation de covoiturage)
Achat responsable : promouvoir les principes de Responsabilité Globale auprès de nos prestataires et fournisseurs et intégrer ces critères dans leur sélection
Eco-conception : concevoir des produits sans impact sur la santé, la sécurité et l’environnement
Demande énergétique : diminuer les consommations d’énergie non renouvelable
Gaz à effet de serre (GES) : réduire les émissions de GES par l’intégration du Bilan Carbone comme outil de management.
Déchets : Réduire la production de déchets et tendre vers une valorisation totale
Comurhex : réduction des émissions de N20
Le site de Comurhex Malvési est le premier producteur de gaz à effet de serre du groupe Areva, en raison d’émissions de N2O dont l’impact est 310 fois supérieur au CO2 en matière de contribution au réchauffement climatique. Fidèle à sa politique développement durable : « innover pour produire une énergie sans CO2 », Areva a décidé d’investir pour continuer à réduire son empreinte environnementale, bien que les émissions de N2O* ne soient pas réglementées. Des études menées sur un nouveau procédé mis en œuvre dans le cadre du projet COMURHEX II, ont montré que le N2O était détruit à 1000°C. Il a donc été décidé de concevoir une unité pour réduire les émissions du procédé actuel. L’équipe projet à Malvési, en collaboration avec l’ingénierie Technip et la société autrichienne CTP, détentrice du brevet d’oxydateur thermique régénératif, a développé un système de décomposition par voie thermique pour l’adapter au N2O avec un rendement de destruction supérieur à 95 %. Cette unité de traitement du N2O a été mise en service en septembre 2010. Le chantier qui a duré 6 mois et mobilisé une trentaine de personnes, a nécessité un investissement de plus de 3 millions €. Cet équipement a permis de détruire plus de 132 000 tonnes équivalent de C02 depuis sa mise en service. Le procédé a été agréé par le Ministère de l’Ecologie dans le cadre du protocole des accords de Kyoto, en avril 2010.
* Les rejets de N2O liés à la conversion (transformation d’énergie) représentaient en 2007, 4% des émissions atmosphériques françaises.
Ineos Styrenics Wingles SAS : la sécurité, fruit d’un travail individuel et collectif
Ineos Styrenics Wingles Ineos a engagé en 2008 une démarche globale pour sensibiliser l’ensemble du personnel, ainsi que celui de ses entreprises partenaires, à adopter un comportement HSE positif et actif. Tous les accidents, incidents et même presqu’accidents sont obligatoirement déclarés afin de consolider l’ensemble des actions de prévention et d’éviter le risque d’accident grave. A cet effet, un outil de déclaration des presqu’accidents est mis en place. La clé de la réussite ? L’implication et la responsabilisation de chacun. Tout collaborateur qui aperçoit une situation à risque, qu’elle soit matérielle, organisationnelle ou comportementale, fait cesser immédiatement cette situation et engage, dans l’immédiat, des actions correctrices. Environ 400 presqu’accidents sont recensés chaque année, toutes les déclarations sont aussitôt suivies d’actions correctives. Chaque année, une petite cérémonie permet de récompenser les meilleurs « near misses ». Un deuxième outil de reporting est également créé. L’objectif : observer une tâche réalisée et analyser avec son opérateur les risques encourus et les éventuels moyens de prévention à mettre en place. L’attitude de l’opérateur est également décryptée, si des points perfectibles sont révélés, il s’engage personnellement à changer ou adapter son comportement. En 2010, 671 actions ont ainsi été passées au crible. L’outil s’est étendu à divers domaines dans l’entreprise, à l’environnement, notamment avec un tri des déchets optimisé. La culture sécurité ne se commande pas. Elle est le fruit d’un travail individuel et collectif. Partant de ce constat, une nouvelle campagne de formation a été menée en 2010, afin que chacun développe sa propre culture sécurité, à l’image de celle des suricates. Ces animaux d’Afrique australe sont connus pour leur instinct de sécurité très développé. Dans le groupe, chacun veille sur sa sécurité et celle des autres. Ils coopèrent, communiquent et travaillent en équipe. Le 26 avril 2011, l’entreprise a fêté sa huitième année sans accident avec arrêt. « Un résultat très encourageant même si en matière de sécurité rien n’est jamais acquis », précisent aussitôt les équipes.