17/11/2011

2012 : l’UIC s’attend à un net ralentissement de la croissance de l’industrie chimique en France

Après un très bon premier trimestre 2011, la production chimique en France a ralenti dès le deuxième trimestre. En cumul sur les neuf premiers mois de l’année, la croissance de la production s’établit à 7 % par rapport à 2010.
  

La modération devrait se poursuivre d’ici la fin de l’année et en 2012. En effet, dans un contexte de ralentissement économique général et de fortes inquiétudes liées à la crise des dettes souveraines des pays de la zone euro, les perspectives globales des débouchés dans l’industrie sont moins bien orientées. Ce climat d’incertitude ne devrait toutefois pas se traduire par un effondrement brutal de l’activité chimique, mais par un retour à des taux de croissance significativement moins élevés.

   

Le dernier trimestre 2010 ayant été très affecté par les mouvements sociaux en France, l’Union des Industries Chimiques (UIC) prévoit une croissance 2011 de l’ordre de 4,5 % mais revoit ses prévisions à la baisse en 2012 avec une croissance de 1,8 % contre 2,4 % initialement prévu. L’ensemble de l’industrie chimique retrouverait alors en 2012 un niveau moyen supérieur à celui de 2007, masquant toutefois une forte disparité entre les secteurs. Ceux de la chimie de base et des spécialités chimiques seraient encore en retrait.

  

Un tournant de l’activité en milieu d’année 2011

  

Sur la première partie de 2011, l’industrie chimique a répondu à une forte demande au niveau mondial et sur ses marchés domestiques. La reprise de l’industrie, notamment de l’automobile a été un moteur significatif pour les différentes activités chimiques. Toutefois, alors que les stocks dans l’ensemble de la chaîne de production ont été ajustés au plus bas, les perspectives économiques ont commencé à se dégrader à partir du printemps. Un mouvement d’ajustement des stocks en fin d’année pourrait aussi encore réduire la production.

 

Des perspectives sectorielles plus faibles mais pas de nouvelle récession
  

La croissance de la chimie minérale serait de de 3,4 % en 2011 et de 1,6 % en 2012. La demande soutenue de l’industrie a tiré l’activité des gaz industriels et des autres produits minéraux mais elle s’essoufflerait l’année prochaine. Le marché de la construction après s’être mieux tenu en France en 2011, peinerait à réitérer son soutien au secteur chimique en 2012. La contribution des engrais resterait positive grâce à une conjoncture agricole bien orientée, tant du côté de la demande que des prix des matières premières. Le redressement du secteur en 2010 et 2011 n’aura toutefois pas suffi à effacer la crise de 2008-2009.

  
La chimie organique a vu l’ensemble de ses marchés clients (industries automobile, électronique, biens de consommation …) se redresser fortement jusqu’en milieu de l’année 2011. Après 2,2 % en moyenne en 2011, la croissance s’établirait autour de 1,8 % en 2012. Tirée par la reprise mondiale, la production de la pétrochimie en France, et plus largement en Europe, s’est ajustée à partir de l’été. D’ici la fin de l’année et en ligne avec une baisse des perspectives de demande, elle devrait continuer à se tasser. En ce qui concerne les polymères, la tendance est similaire, avec une modération de l’activité variable selon les débouchés.  

  

Les spécialités chimiques telles que les peintures, vernis, colles et autres produits industriels pour l’industrie et la construction ont globalement enregistré une bonne première partie d’année 2011, meilleure qu’en 2010. Le ralentissement avéré de l’économie et de l’industrie laisse maintenant supposer une deuxième moitié 2011 et une année 2012 moins favorables. Au total, la croissance se réduirait à 1 % en 2012 après 2,8 % cette année. Quant aux produits phytopharmaceutiques, le contexte incertain tant du côté du climat que des décisions prises dans le cadre de la Politique Agricole Commune laisse cependant prévoir une activité stable.

  

Enfin, moins touché par la crise, le secteur des savons, parfums et produits d’entretien devrait poursuivre sa dynamique de croissance, en particulier pour les parfums et cosmétiques. En revanche, l’évolution de la consommation des ménages sur les marchés domestiques et européens pourrait être moins favorable au secteur avec une incertitude sur les comportements et arbitrages d’achat dans une économie en recul.

  

Des risques perdurent
  

En 2011, la contribution du commerce extérieur à la croissance de l’industrie chimique en France devrait être revue à la baisse. En effet, les évolutions des exportations et importations ont déjà entraîné une contraction de la balance commerciale. Alors que depuis plusieurs années, la part de marché de l’industrie chimique en France dans les exportations européennes est en baisse, l’UIC redoute une aggravation de cette perte de compétitivité à l’horizon de 2012. Aussi, l’UIC reste engagée dans les travaux de la Conférence Nationale de l'Industrie (CNI), et en particulier au sein du Comité Stratégique de Filière « Chimie et matériaux » pour mettre en oeuvre une politique industrielle ambitieuse.

 

Évolution en volume, en % par an

 2008

 2009

2010 

 Est. 2011

 Prév. 2012

Chimie de base

           Chimie minérale

           Chimie organique

Spécialités chimiques

Savons, parfums, produits d'entretien

Industrie chimique en France

-5,7

-8,7

-4,9

0,5

1,3

 

-1,1

-10,5

-21,1

-8,3

-12,6

-6,7

 

-9,4

3,8

11,5

2,7

5,3

18,9

 

10,8

 2,5

3,4

2,2

2,8

7,5

 

4,5

1,8

1,6

1,8

1

2,5

 

1,8

 

Thème(s) : Conjoncture

 

Pièce(s) jointe(s) :

Communiqué de presse

Taille : 489 ko

 

 

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