Ce jeudi 12 février, l'UIC organisait à Lyon une conférence de presse pour présenter le bilan de la démarche de « communication à chaud », lancée il y a deux ans, en collaboration avec le BARPI¹, l’UFIP² et le GESIP³.
Communiquer à chaud pour partager son quotidien et instaurer une relation de confiance
La « communication à chaud », initiative volontaire lancée le 4 décembre 2006, vise à inciter les industriels de la chimie, dont les sites sont classés Seveso, à informer la presse locale de tout incident, même mineur, intervenant sur leurs sites. Ainsi, tout évènement tel qu’une odeur, un bruit (sirène, machine…), un rejet (air, eau), une torchère ou un feu, susceptible d’engendrer l’interrogation d’un riverain doit faire l’objet d’un communiqué de presse et d’un appel à la mairie et aux médias locaux.
Ce communiqué doit expliquer les raisons de l’incident, ses conséquences, s’il y en a, les moyens mis en place pour y remédier et un indice allant de 1 à 6 indiquant la quantité de «matière dangereuse relâchée» (si l’incident a engendré un tel rejet).
La « communication à chaud » est une des actions qui traduit l’engagement pris par les industriels de la chimie, au moment du Grenelle de l’Environnement, pour un dialogue permanent avec la société.
Jean-Louis Martin, directeur du GIE Osiris sur la plateforme chimique de Roussillon, explique son engagement : « On ne communique pas parce que l'on a plus d'accidents ou d'accidents graves. Au contraire nous avons fait beaucoup en matière de prévention. C'est simplement parce qu'on a décidé de faire connaître nos incidents de faible gravité dans un souci de transparence, de dialogue et de partage de la culture du risque industriel ».
Des entreprises qui s’approprient progressivement la démarche
Sur les 214 incidents recensés par le BARPI en 2007 et 2008, 1/3 des incidents ont fait l’objet d’une « communication à chaud ». Entre 2007, année de lancement de la démarche, et 2008, le nombre de communiqués envoyés à la presse locale a augmenté de 8 %.
Ces chiffres témoignent à la fois d’un engagement de la profession, d’une volonté affirmée d’informer la société civile et parallèlement, de la nécessité d’inscrire cette démarche dans le temps avant d’évaluer son efficacité.
Pour Patrick Pouchot, responsable communication et relations extérieures du site Perstorp à Pont de Claix, « l'exercice n'est pas toujours facile, mais cela répond à une attente réelle de la part de nos interlocuteurs : riverains, élus, presse, associations... Notre site est classé Seveso seuil haut en zone très urbanisée. De ce fait, des incidents mineurs sont souvent perceptibles de l'extérieur. Il est de notre devoir d'informer notre environnement rapidement pour dissiper les craintes éventuelles ».
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¹ Bureau d’Analyse des Risques et Pollutions Industrielles
² Union Française des Industries Pétrolières
³ Groupe d’Etude de Sécurité des Industries Pétrolières et Chimiques